Quand j'étais petite, et que je n'étais vraiment pas très grande, je pensais qu'un jour, tous les morts se réveilleraient et qu'on pourrait poser aux (très) anciens des questions auxquelles ils pourraient enfin répondre. Puis j'ai grandi, et ai fini par accepter le fait que certaines questions resteront à jamais sans réponses. Certaines. Pas toutes.
Le temps, la vie, les choses changent. Certains évènements nous tuent, quelque part, d'autres nous permettent d'avancer, même si parfois nous progressons à reculons dans un monde qui ne semble pas vraiment taillé pour nous. Peu importe en fait, l'important est peut-être de savoir s'abandonner ici pour reprendre là.
Après tout ce silence, je tire donc ma révérence, ciao les frères. Je suis morte là, paf, en deux temps, pas de mouvement, et renaîtrai peut-être là, ou là, ou encore là ? Ou peut-être que, comme le petit Jésus, je promettrai mon retour et laisserai mon auditoire dans le vent pendant mille ou deux mille ans...
Voici donc la fin de ce monde, ce ridicule petit monde de photos, de phrases, de regrets et de remords. Jetés, tous ces journaux intimes dont je dévoilais çà et là quelques extraits, comme en perte de souffle, comme en perte d'inspiration, comme en perte de souffrance. Jetés ces torchons qui ne reflétaient finalement que ces instants de vie auxquels je m'accrochais lâchement pour ne pas débarquer seule dans l'inconnu. Jetés ces mots, ces maux. Le passé n'est pas plus rose, il est simplement plus simple. Mais la simplicité n'est qu'une solution temporaire.
Ma vie ? Pensiez-vous donc qu'elle était là, juchée entre ces lignes, tapie entre ces lettres, lovée entre ces points de suspension ? Le destin frappe et là, le c½ur plus gonflé de trouille que de motivation, mais motivé quand-même, on se relève, on marche, on court. Et puis on part. Oui. Parfois, c'est mieux. Partir n'est pas mourir, c'est juste s'éloigner un peu... ou beaucoup, selon les cas.